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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 07:00
On pourrait penser que les filles d'aujourd'hui, élevées dans l'exemple des amazones qui ont tracé la voie, au coupe-coupe, du droit à l'affirmation de l'individu féminin, cherchent à s'épanouir, simplement.
On aurait tort!

L'observation de la majorité de mes semblables est édifiante. Malgré une apparente indépendance, les femmes se soumettent. Les règles du jeu ont changé, mais ils semblent que les mentalités soient encore relativement retardées, ou attardées, comme on voudra. 

Il existe bien sûr plusieurs cas de figures. Nous ne sommes pas toutes masochistes, passives-agressives ou victimes consentantes; c'est bien plus complexe que ça. En réalité, si les femmes ont acquis leur autonomie, elles sont loin d'être totalement indépendantes. 

-Certaines pensent qu'elles ne sont rien sans un homme, malgré leur parfaite autonomie financière. L'homme est synonyme de sécurité, force, bravoure, virilité, mais aussi de prise en charge. Car, bien sûr, être une femme fragile dépendante d'un mâle a des intérêts tangibles: nombreuses sont celles qui rêvent tout haut -ou tout bas, sans se l'avouer- d'être entretenue par un homme généreux, pourvoyeur d'un confort matériel douillet. L'autre nous prend en charge et s'occupe de nous, nous soigne comme un parent substitutif.

-Certaines croient encore au prince charmant, à l'âme soeur, à la moitié qui les comprendra à demi mot, devancera leurs désirs, les fera accessoirement hurler de plaisir et partagera les mêmes rêves. Souvent, elles sont les mêmes qui s'imaginent ne pouvoir vivre sans homme et sont donc incapables de quitter celui avec qui elles sont malgré leur mal-être et leur tristesse.
Elles ont un tel sentiment d'infériorité qu'elles se persuadent de leur dépendance et restent, ligotées par une histoire qui les tue.

-D'autres imaginent la solitude comme un monstre terrifiant, oubliant qu'on est toujours seul au monde et que l'on ne peut pas tout partager avec l'autre, quel qu'il soit. Le célibat comme elles disent est une condition improbable, de paria: on est forcément malheureuse sans homme. Une femme seule est inquiétante: étrangeté de celle qui s'assume et ne demande rien.
"La femme non accompagnée est malheureuse, car les hommes sont là pour nous rendre heureuse; l'épanouissement passe par le couple, la famille, les enfants", assènent ces Junon.

On doit tout sacrifier à cet état de fait, car le plus important n'est pas d'être heureux, mais d'être accompagnée.
Alors, on s'oublie, on calcule, on s'organise. En revanche, on critique beaucoup: "Les hommes ne nous comprennent pas, ils ne savent pas nous écouter, ils ne donnent pas assez, n'aident pas suffisamment, sont égoïstes au lit, ronflent, se grattent le nez, font/ regardent du foot en hurlant, oublient tout ce qu'on leur dit. Oui, mais sans eux, on ne pourrait pas vivre!"

Mouai, c'est un petit peu paradoxal tout ça!

Comment leur reprocher ce qu'on encourage par notre attitude? Nous acceptons tout afin de les garder, nous nous énervons à mauvais escient et cédons sans cesse malgré nos cris -qui nous font juste passer pour des hystériques/ chieuses/ emmerdeuses/ empêcheuse de tourner en rond/ etc.

Et puis surtout, où est l'amour dans tout ça?

L'incompréhension n'est-elle pas le prix à payer lorsqu'on reste avec quelqu'un simplement pour ne pas affronter cette solitude qui nous effraie tant?

Vivre avec quelqu'un , "partager" sa vie, si tant est que cela soit possible, est une chose périlleuse. On ne peut le faire avec n'importe qui, n'importe comment.

Il faut choisir entre le confort matériel, la sécurité, la solitude partagée et l'amour.
Quand on a l'amour le reste importe peu.
Mais voilà, notre société individualiste en pleine digestion des idéaux judéo-chrétiens ne sait plus où elle en est du côté des sentiments.
On pense à soi, avant de penser à l'autre; exacte définition antinomique de l'amour courtois.
On envisage l'intérêt que l'on a à se mettre avec tel ou tel partenaire qui pourra ou non combler notre vide...ce vide immense qu'on ne saurait envisager.
Alors on se console en se disant qu'on est avec un ami, un bon copain, qui nous connaît bien à la longue- enfin c'est ce que l'on veut croire. On choisit un compagnon de route qui parfois s'éloigne mais finalement est là.
On ne vibre plus, on ne rit plus mais on n'est pas seul.
On se persuade que l'amour s'use et que ce qu'on a est "normal".

-Et puis il y a celles qui culpabilisent d'être des femmes libres, indépendantes, que les autres regardent comme des bêtes curieuses; des oiseaux étranges qui meurent lorsqu'ils sont enfermés. Mais qui se laissent enfermer par amour. Et souffrent, incomprises, le plus souvent.
Celles que l'on traite de féministes parce qu'elles défendent le droit qu'à chacun d'être soi, d'exister, de s'épanouir.

Confusion classique des imbéciles qui ne réfléchissent pas plus loin que leur pénis. "Moi avoir pénis, toi femme te soumettre à pénis, moi imposer force et toi aimer ça, non? donc toi te taire!"
Et puis quoi encore?

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Published by Antigone - dans Il vaut mieux en rire...

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