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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 11:34

"Une histoire avec des souris? 

 Quelle horreur! 

Tu les fais mourir au moins!

- C'est une histoire pour enfants...

- Justement, il faut leur apprendre combien ces petites saletés sont nuisibles et méritent de disparaître.

- En réalité le seul animal vraiment nuisible ce serait plutôt l'homme...

- Sympa comme sujet de littérature enfantine! 

- A creuser en tout cas... Le but de la littérature, grande ou petite, est d'ouvrir le lecteur sur le monde pas de lui donner envie de prendre une pelle pour assommer tout ce qui le dérange!

- Bon alors, elle fait quoi cette souris, elle vole dans les placards, torture un chat, détruit l'équilibre planétaire? 

- Elle lit.

- Elle perturbe l'équilibre planétaire donc!"

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Published by Antigone - dans Raconte-moi une histoire!
19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 19:24

On m'a récemment demandé quel était mon auteur favori. 

Je suis incapable de répondre. 

Incapable de faire un choix. 

Et cela est vrai dans tous les domaines. 

Pas de film préféré, ni de peintre en particulier, d'artiste en général.

Ni musique.  

La même chose en cuisine, pâtisserie, et autre delicatessen. 

Je suis trop curieuse pour être inconditionnellement fanatique de quelque chose, de quelqu'un. Mes envies sont soumises à mes humeurs et mes investigations conditionnées par cette insatiable curiosité. 

Tout dépend donc de l'instant...

En revanche, quand j'aime quelque chose, je deviens monomaniaque, capable de revoir dix fois le même film ou de ne lire qu'un seul auteur pendant des semaines, en ne me nourrissant que de mezzés -par exemple... jusqu'à satiété. 

...

Je crois que mon interlocuteur aurait préféré que je lui donne des noms... afin de me "cerner". 

Alors je lui en ai concédé un, évident pour moi car je l'aime depuis toujours et il m'accompagne bien souvent: celui  du cinéaste dont j'attends le film chaque Automne avec une impatience enfantine, mon Woody chéri. 

Cela n'a pas eu l'air de lui plaire...

Tant pis pour lui!

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Published by Antigone - dans Courage fuyons!
15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 11:19

Un jour qu’il dormait dans son fauteuil, juste à côté de la bibliothèque du salon, Pacha, le chat, est dérangé par un bruit.

Le bruit d’un livre tombé sur le tapis...

A moitié endormi, il croit qu’il a rêvé et ferme à nouveau les yeux.

C’est le bruit du second livre tombé par terre qui le réveille vraiment.

« Mais enfin comment les livres peuvent-ils tomber tout seul de la bibliothèque? se demande notre félin. »

Il  se lève, va au pied de la bibliothèque et observe attentivement les rayonnages.

PAN, il reçoit un troisième livre sur le museau.

Il grimpe alors sur le haut du fauteuil pour comprendre cet envol de livres…

… et découvre une petite souris grise occupée à regarder les reliures.

Absorbée par ce qu’elle fait, la souris n’entend pas le chat qui approche silencieusement telle une ombre, l’attrape par la queue pour la déposer sur le tapis et lui demander des explications !

« Tu dois être complètement folle pour oser me réveiller à l’heure de ma sieste, juste avant l’heure du goûter ! »

La souris ne tente pas de fuir, elle sait très bien comment ce genre de chose se termine : les chats n’aiment rien tant que de pourchasser les souris qui s’enfuient !

Elle décide donc de discuter.

« Voyez-vous cher Pacha, je me présente, je m’appelle Shéza, je suis une souris de bibliothèque.

Je m’excuse pour tout ce raffut, mais je ne trouve plus le livre que j’avais commencé hier et… 

- Commencé, le livre ?

- Oui, une histoire passionnante de pirates !

- Mais, tu sais lire, toi, minuscule rongeuse ?

- Bien sûr, sinon je ne serais pas une souris de bibliothèque !

- Prouve-le-moi ! »

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Published by Antigone - dans Raconte-moi une histoire!
13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 11:28

La chauve-souris se laisse tomber du plafond, comme une araignée, fascinante.

Son aile aigüe effleure le cou de Colombe qu’elle enveloppe, sombre, opaque.

Le souffle s’accélère, puis s’enfuit. La parole aussi.

  

Plus tard, dans la journée.

L’hôpital, encore.

Chambre seule, pour une fois.

Les enfants sont là.

Les petits aussi.

Non.

Antigone ?

 

Personne ne l’a prévenue !

Clémence la gourmande non plus.

Et Emmanuel ?

Electre n’a pas l’air de vouloir les appeler.

Sa voix est aigre.

Elle gesticule,

rouge.

 

Jérémie dit qu’il ne comprend pas où est le problème.

« Comment les accuser d’être indignes

alors qu’ils ne savent même pas ? »

Il part.

Où va-t-il ?

Les minutes semblent des années, la souffrance est abominable. Retrouver le souffle. Retrouver le souffle. Le temps de les revoir. Une dernière fois. Partir avec leur image. Egoïstement.

 

Antigone est là. Elle me parle.

Sa mère aussi. Au revoir Claire.

 

Au revoir.

 

Ma petite fille.

Ne me regarde pas ainsi, le combat a commencé

et je sais que je ne gagnerai pas cette fois-ci.

La bête a achevé son œuvre, elle s’agrippe à mes côtes, glisse contre mes poumons et cherche à sortir enfin.

 

Où est mon petit ?

 

Electre ne veut pas qu’Antigone l’appelle :

il est parti passé la semaine à l’autre bout du pays ;

il risque de se tuer

sur la route

pour me voir

une dernière fois.

Mon Dieu,

Non !

Je ne veux pas

prendre ce risque !

 

Je vais mourir sans le revoir.

 

De toute façon

il est

trop tard

pour parler.

 

Pour dire.

 

Juste un dernier regard.

Pourtant.

J’attendrai pour partir !

Lutter !

 

Lutter…je le veux !

24 octobre, au matin.

Ah,

Emmanuel !!

Enfin. La main dans ta main.

Libérée.

 

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Published by Antigone - dans Si Dieu veut...
11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 22:33

Papa n’est pas souvent là.

Mais lorsqu’il rentre, il ne peut plus me confondre avec elle maintenant que nous ne vivons plus sous le même toit. Avant, en ville, il ne nous distinguait que grâce à un détail infime, minuscule, un petit point secret, noir, caché sous le menton, un grain de beauté qui n’avait poussé que chez moi. Une marque de fabrique, la seule qui soit totalement mienne. Une tache. Un peu comme si la plume s’était trop attardée sur l’esquisse, signature un peu épaisse de la nature. Brouillon de l’autre, celle que je ne suis pas et qui pourrait être moi.

Victoire.

La réussie.

Celle qui peut tout.

Deux existences pour un seul cœur.

Je ne suis que Colombe, mais Victoire existe pour nous, pour moi.

Victoire morte, je ne suis plus. Ma force disparue.

On dit que l’on trouve aide et assistance dans le mariage. C’est ce que j’ai cru lorsqu’Emile m’a choisie. Je pensais avoir une chance d’exister en devenant à mon tour femme et mère.

C’est de toute façon ce pour quoi j’avais été élevée.

Je n’y ai rien compris.

Je n’avais jamais entendu parler ni des hommes, ni d’amour, quant aux enfants, et bien, je n’en savais rien non plus.

On ne vous explique pas la douleur de l’intimité, la souffrance de la mise au monde, la solitude inéluctable auprès d’un homme qui ne vous connaît pas vraiment.

Il faut obéir. D’accord, c’est dans l’ordre des choses. Cela, je l’ai toujours fait.

J’ai continué.

Emile est un homme bon. Enfin, je crois. Petit, rond. Je suis un peu plus grande que lui. Beaucoup plus mince. Il monte à cheval, rit fort, boit peu, mange beaucoup.

Il a les mains épaisses du terrien. J’ai les mains blanches et douces, mais je suis une travailleuse : elles ont du caractère !

Nous allons essayer de nous entendre. Je sais dire oui. Cela semble lui convenir. Je ne connais pas cette joie dont parlent les romans, mais je ne suis pas malheureuse. Non.

Le temps passe. Les enfants grandissent.

J’attends.

La récolte, la pluie, l’hiver, puis le printemps. Un nouvel enfant. Une nouvelle moisson.

L’ordre des choses est immuable, et rien ne semble devoir perturber le cycle des saisons.

La guerre éclate.

Je ne suis pas sûre d’avoir compris ce qui s’était passé. Au fond, nous étions chez nous, depuis ma grand-mère, et nous nous entendions bien avec eux.

Notre culture était la leur, mêlée des bribes d’un passé oublié. Les portes s’ouvraient. Nous aurions pu devenir quelque chose de bien.

Mais Dieu en a décidé autrement.

Je me demande si Antigone n’a pas raison.

Il est trop facile de se réfugier derrière le Destin.

Facile, et non sans conséquence.

J’ai attendu toute ma vie que Dieu me manifeste sa volonté, qu’il me guide dans mes choix, qu’il m’indique la voie. N’ayant jamais de signe pour contrarier la volonté des autres, je m’y suis toujours pliée.

Et aujourd’hui aussi, j’accepte. Tout.

Par faiblesse. Par fatigue. Et puis, surtout, parce que je ne sais pas faire autrement.

Il sait que je n’ai jamais voulu rien faire de mal. Peut-être me pardonnera-t-il d’avoir eu la faiblesse de me reposer entre les mains des hommes, pensant suivre Sa volonté. 

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Published by Antigone - dans Si Dieu veut...
11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 11:48

Alors que depuis votre plus jeune âge, vous considérez la Saint-Valentin comme une excuse commerçante pour vendre encore et toujours, et que vous ne vous en êtes jamais soucié quand vous étiez amoureux;

que vous estimez tout aussi ridicule l'idée d'une journée dédiée à l'être aimé que celle d'une journée dédiée aux enfants maltraités ou à la femme -car le combat, c'est tous les jours!

Lorsque vous êtes celibataire, cette barbe-à-papa affective vous dégoûte comme jamais!

Et alors que vous devriez vous réjouir de voir autour de vous des amoureux "se bécotter sur les bancs publics", car votre fond romantique aime croire que l'Amour sauvera le Monde, vous en êtes incapable...

Tout ce que vous ressentez, encore plus épidermiquement que d'habitude, c'est que vous êtes seul en cette période où tout semble devoir naturellement aller par deux...

 

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Published by Antigone - dans Il vaut mieux en rire...
9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 13:11

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Pour les curieux rendez-vous sur voyagedansunfauteuil.tumblr.com

ainsi que sur la page facebook Voyage dans un Fauteuil.

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Published by Antigone - dans Singing in the rain
9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 03:02

Octobre.

Puis la nuit arrive. Noire. Solitaire. Effrayante.

Alors que la journée il est difficile de garder les yeux ouverts, de ne pas sombrer, la nuit le sommeil s’enfuit, implacablement.

Les murs s’animent d’images déformées : Emile sur son lit de mort discourant sur la justice et le pardon, Victoire malade essayant de grimacer un sourire entre deux spasmes, Antigone jaune dans sa couveuse, la mer. Transparente. Et sombre aussi. La confiture de prunes. Emmanuel nourrisson rouge de larmes, enfermé dans le placard de la buanderie par sa sœur. Soleil blanc. Blé doré, dune bleue de lune. Le désert.

Le passé défile puis se rembobine.

Emile dans son costume bleu, cravate marron, la chaleur écrasante de juillet. Papa, radieux, qui me prend la main et la noue à celle de ce cousin inconnu. La robe blanche, le voile en dentelle, les roses pâles. Le lit blanc. Rouge.

Aux joues. Au front.

Un enfant tous les cinq ans. Fille, garçon, garçon.

Electre si jeune, inconsciente, Eric bébé sage ; Emmanuel oublié en pension ; Camille, la première fiancée de Jacques, pas assez bien pour lui, pas de chez nous ; le bétail égorgé dans la cour, la ferme ravagée, comment cela est-il arrivé, quelle indépendance, sans nous ils ne sont rien ; nous ne sommes pas français, nous ne sommes pas arabes, qui sommes-nous ? L’exil, le regret, l’amertume. Etrangers.

 Avant…

Maman est imposante avec son chignon de jais, ses yeux de pierre, et sa gorge de nourrice. Elle parle peu, travaille beaucoup. Le sens du devoir. Impeccable maîtrise des choses. Nous ne parlons jamais. Il y a mieux à faire. La ferme. Les bêtes à traire, à tondre, le beurre, la crème. Le potager, les plantes. Des heures de pâtisseries, auprès de la cuisinière au bois qui ronronne sans cesse : le pain, les tajines.

Les nappes brodées, les tabliers, les chemises à repasser.

Victoire est en ville chez la tante. Elle va à l’école. Elle est tellement intelligente ! Si fine ! 

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Published by Antigone - dans Si Dieu veut...
5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 22:02

La télévision bourdonne toute la journée habillant le temps. Le temps, qui prend son sens chronologique grâce à ces émissions qui s’égrènent lentement. Colombe n’entend plus depuis longtemps. Le ballet de ces marionnettes l’hypnotise jusqu’à la nuit. Elle n’a plus la force de lire, de broder ou de dessiner et s’abandonne à cette torpeur qui ne lui demande aucun effort. Un midi, une jeune fille brune l’avait rejointe à sa table. Elle l’avait embrassé sur le front, et lui avait demandé comment elle allait, un sourire inquiet au coin des lèvres. Cette enfant aux grands yeux noirs lui rappelait vaguement quelqu’un. Une brume masquait ses traits cependant ; il lui était impossible de l’identifier. Etait-ce un fantôme qui surgissait du passé, une ombre de la télévision ? Elle avait l’air de sortir du néant, là, au beau milieu de son repas, invisible pour sa voisine, invisible à tous.

« Mais qui êtes-vous ? Je vous connais ? Je ne crois pas pourtant vous avoir déjà rencontrée. Etes-vous une nouvelle infirmière ? »

Tremblant de tout son être Antigone s’était assise pensant que la lumière rejaillirait lentement, au fil du repas. Elle s’appliqua à rester souriante et caressante, mais sentit que sa grand-mère gardait ses distances.

Puis s’était enfuie contenant ses larmes jusqu’à la porte de sortie.

 

 

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Published by Antigone - dans Si Dieu veut...
4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 19:02

Septembre.

 

Le quotidien est rythmé par les repas. Le petit déjeuner, le déjeuner, le goûter, le dîner.

Désormais, Colombe s’habille, elle utilise même le parfum à la verveine et descend avec les autres. On lui a réservé une place à côté d’une tout petite femme toute ronde, plus jeune de quelques années, qui a depuis longtemps largué les amarres vers un rivage lointain, peuplé d’un passé effiloché dont elle cherche à combler les trous durant de longues pauses. Les autres tables sont hantées par des gens semblables. Tristes fantômes, livrés à leurs mémoires mortes, dont l’instinct de survie a laissé place à une sénilité protectrice. Aucune conversation sensée n’est possible, pas d’échange, pas de lien, juste des êtres dérivant sur le Styx sans se voir. Ni cri, ni chant. Le néant.

Pour ne pas devenir fou, l’esprit s’échappe. Il vacille. Puis cède.

Le regard s’éteint, le langage s’étouffe.

Etrangement, le corps, lui, semble reprendre souffle. Les jambes fonctionnent mieux sans la tête. Elles ne rechignent plus à rien. Et la vie devient une suite de mécanismes réflexes : descendre se nourrir, remonter se reposer, prendre les médicaments, regarder les images, toutes les images, autour, ne plus rien attendre.

Tout est simple lorsqu’on se soumet aux bras du destin. Calme et docile, enfin, pensionnaire assagie, elle avait rejoint les autres. Elle sourit à sa voisine, à tous, elle dit merci madame, vous êtes gentille mademoiselle, cette soupe est délicieuse, oui je prendrai un dessert. Le goût a disparu lui aussi.

Elle cuisinait beaucoup se souvient-elle lorsqu’on lui apporte une tarte aux pommes sans saveur. Elle avait un truc pour relever le goût de n’importe quel fruit : une pâte brisée maison, des morceaux de pommes, prunes, ou abricots, et de la gelée de cassis ou de mûres.

Gelée de cassis du jardin. La vapeur qui embaumait la maison jusqu’au grenier, Clémence se brûlant en léchant la cuillère pleine de gelée. Les pommes du verger, fierté d’Emile, rouges et vertes, petites et acidulées. Les écureuils dans les branches du noyer. Minuscules éclairs roux. Si gracieux ! Au fond du jardin. Juste avant le potager. Elle en avait apprivoisé un. A force de patience et d’observation. Un tout petit, roux comme une châtaigne, avec une queue en panache. Un jour il a disparu. Un chat l’aura tué avait dit Marc. Marc. Lui aussi adore faire la cuisine. Si on l’écoute il sait tout faire ce garçon ! Il a même décoré la cuisine de sa mère, c’est pour dire ! Elle, elle ne sait pas faire la cuisine. Pas même une omelette. Elle ne sait pas faire grand-chose d’ailleurs dans une maison.

 

Le goûter est servi dans la chambre. Un thé dans un gobelet en plastique et une pâtisserie aseptisée industrielle. Sauf les jours où Clémence apporte des macarons, ou des meringues. Quelle gourmande cette petite, comme moi ! Pas de tasse. Trop d’entretien. Electre n’a pas voulu en apporter une. On ne va pas commencer à céder à tous ses caprices !

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Published by Antigone - dans Si Dieu veut...

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  • : Chroniques des jours ordinaires...et des autres
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