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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 16:07

Minuscule, les oreilles aux aguets, rouquine, elle court le long de la galerie couverte. Entre les parapluies, les chaises du salon de thé...
En d'autres temps elle aurait hésité, se serait arrêtée sous une table afin de guetter les miettes de macarons poire-vanille tout en regardant les nouveaux tableaux colorés de l'atelier d'art, mais à cet instant précis, elle est assez pressée.
Elle est poursuivie par un balai, manoeuvré par une grosse dame toute rouge, essoufflée sur ses courtes jambes. Celle-ci est devenue complétement folle lorsqu'elle a aperçu le reflet de la rongeuse dans le miroir de sa boutique, sur le comptoir, s'apprêtant à découper une écharpe afin de se constituer un nid douillet pour l'hiver.

Le temps de reprendre ses esprits et l'animal diabolique avait filé par la porte ouverte sur le hall.
Mais, elle ne l'emportera pas au paradis son bout de tricot! Attends voir, je te vais me l'applatir la petite horreur!

Guettant la première porte ouverte où se faufiler, Miss Trotinette fonçait droit devant elle, se glissant entre les passants qui ne la voyaient pas, tant elle était petite et véloce. Notre commerçante n'ayant pas pris la peine de mettre ses lunettes ne retrouva pas son ennemie, qui avait trouvé refuge sous un chapeau cloche rouge dans la vitrine de la modiste.

Celle-ci ayant vu entrer l'abominable bête s'était mise à hurler comme si l'enfer s'ouvrait sous ses pieds.

La vie d'une souris est courte en ce bas monde. Si ce n'est pas un balai, c'est un piège, de la mort en poudre, ou la crise cardiaque.

Comment voulez-vous faire de vieux os dans un environnement aussi hostile, où la moindre de vos apparitions suscite des hurlements hystériques, des courses poursuites folles, et le jet incontrôlé d'objets en tout genre? le coeur finit par lâcher!


Miss Trotinette reprit sa fuite entre les casquettes et les bérets.

Je l'ai vu disparaître dans un coin de la boutique, derrière le meubles des gants.
J'aurais aimé entrer pour connaître la suite.

Mais je préfère me dire qu'elle a sauté dans un trou du plancher, rejoint son nid et qu'elle tricote des mouffles pour l'hiver.

Que voulez-vous, j'ai trop lu Béatrix Potter.



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Published by Antigone - dans Après nous - le déluge.
22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 22:31
La panthère de l'Amour survit sur les rives du fleuve Amour, en Extrême-Orient. Enfin, les trente représentants de l'espèce vivants actuellement en liberté devraient s'y trouver.

La panthère de l'Amour vit à Lyon, au coeur du parc de la Tête d'Or, dans une cage, comme deux cents autres soeurs nées en captivité. Elle se blottit sur une branche et regarde droit devant elle, immobile.

Glisse-t-elle dans une rêverie d'eau et de sang sur les berges de ce fleuve mythique qui ont vu naître ses ancêtres?
Mais, peut-elle seulement imaginer un lieu qu'elle n'a jamais connu?
Regarde-t-elle ces bipèdes allumés qui l'observent en cercle s'interrogeant non pas sur l'incongruité du panneau pédagogique mais sur le fait qu'elle ne soit pas très rigolote cette panthère là!
 
Son regard est fixe. Elle ne voit personne.

Sent-elle la menace qui sourd sur ses congénères libres de leurs mouvements, là-bas?
Sait-elle qu'ici au moins elle ne risque pas d'être piégée, affamée, puis dépecée vivante pour terminer, sordide dépouille, sur le dos d'une new-yorkaise frileuse, ou d'une parisienne sans imagination?
Médite-t-elle sur les bienfaits de la captivité protectrice au détriment de la liberté de mouvements?

Elle observe l'éléphant d'Asie, en face d'elle, qui se balance de droite à gauche, de gauche à droite, en fixant l'horizon. Neurasthénie.

Elle s'inquiète de la course des girafes, au fond, qui tricotent leurs longues pattes...

Elle s'étonne du comportement anarchique et grotesque de ces singes en costumes qui s'agitent sous ses yeux, ces clowns qui ont capturé sa mère et écorché ses soeurs. Il y a longtemps.

Elle frissonne.
Elle se demande...
Est-elle seulement encore une panthère de l'Amour?
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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 17:45

 

 

       Regarde-moi. Regarde-moi. Me vois-tu seulement ? Pourtant je te regarde, moi, et je cherche à accrocher ton regard, tous les jours, assis sur mon bout de bitume. Je t’observe depuis longtemps. Tu es un peu mon horloge. Tu es ritualisé à la minute. 7h00, kiosque à l’angle de la rue, 7h01, Le Monde et Le Figaro sous le bras, 7h03 tu entres dans le Café de l’Amitié, te places derrière la vitre, dans un coin, contre un mur, et commandes un café avec deux croissants. Tu parcours tes journaux. Un attentat dans la bande de Gaza, l’enlèvement d’un journaliste en Irak, le viol de deux fillettes à moins de deux cents kilomètres de ton café, la mort d’un écrivain, l’avènement d’un mégalomane au pouvoir, te trouvent indifférent. Ton visage ne trahit aucune émotion. Cette émotion qui est cependant partout dans notre société, maître mot de la culture de masse. Tu tournes les pages graphitées, au rythme imperturbable de ton balancier. 7h45, tu laisses le compte exact sur la table et sors en disant « Au revoir, à demain. » sans un regard pour le serveur. Tu continues ta route. Je te reverrai passer à 19h00, généralement au téléphone. Je n’arrive pas à savoir si c’est avec une femme. Ton visage n’exprime ni la joie, ni le plaisir. Le plus souvent, tu sembles affecté, voire agacé. Qui es-tu ? Mais le sais-tu toi-même ? Tu es une ombre parmi les ombres qui s’agitent à peine, la foule est ton refuge. Tu n’existes que parce que je te regarde. Dès que tu disparais au coin de la rue, tu te fonds dans le néant.

 


 

 

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 18:08

« Merci de ne pas encourager la mendicité sur votre réseau de transport publique ! »

En faisant preuve de charité, vertu cardinale de l’humanité, les pauvres empathiques que nous sommes, encourageons la mendicité ?

C’est en donnant que l’on crée le manque ?

C’est parce que je vais lui donner un euro que cet homme qui tremble sur son banc de faim et de froid va devenir mendiant ?

C’est parce que je vais lui sourire, lui parler que je suis complice ?

Certes, laissons-les crever dans leur coin, après tout, ils n’ont qu’à travailler !

En ces temps où le monde entier gronde de colère et de faim, c’est vrai, de quoi peuvent-ils donc avoir besoin eux qui n’ont rien, ou tout perdu ?

Société absurde!

 

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 23:05

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 18:50


A écouter mes meilleurs amies, les magazines féminins ainsi que la majorité des homo sapiens sapiens quand j'y pense,  les débuts d'une histoire "amoureuse" seraient les meilleurs moments.
 
Précisons le contexte, voulez-vous, afin d'analyser cette nostalgie du commencement. 
Le début d'une histoire... 
On est tout à la découverte de l'autre, terre inconnue à conquérir et on souhaite que ce dernier n'ait qu'une seule envie: faire la même chose!

Il est étrange de constater que nous dépensons beaucoup d'énergie pour ne pas être nous. Afin d'être sûr de plaire. 
 
Le ballet de la séduction. 
On se pare de nos plus belles plumes, on roucoule de notre voix la plus douce, on surveille nos attitudes: on pose. On se met en scène. Pour tout, tout le temps. 
 
Peut-on dire que l'on est vraiment et pleinement soi-même lors de cette période de parade? Cette version idéale que nous offrons à l'autre pouvons-nous la jouer longtemps? 

Une surveillance drastique est nécessaire dès que l'on se trouve dans les parages de notre conquête. 
Pourtant "c'est le meilleur!"," le plus agréable!" 
Sans doute parce que les considérations pragmatiques ne se posent pas, qu'il n'y a aucun obstacle au plaisir, que seul compte ce plaisir...

Que faire afin de préserver la magie de ces instants hors de la réalité?  

Devons-nous renouveler régulièrement nos relations amoureuses afin de multiplier à l'infini cette période d'insouciance où rien ne compte que la satisfaction des sens et tout abandonner dès que le masque idéal tombe et que se pointent les affres du réel?
 
Ou bien tenter l'expérience inédite d'être soi dès le début, sans costume ni stratégie, accepter de se laisser apprivoiser et voir ce qui se passe...
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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 19:07

La femme n'est pas l'égale de l'homme.
Oh, non!
On se demande même où on est allé chercher cette idée aberrante.

Nous ne rappellerons pas les évidentes divergences  physiques, physiologiques, psychologiques qui nous séparent de notre homologue masculin. Beaucoup trop long!
-se référer à toute la para-littérature psychologique qui encombre les librairies...

Vouloir leur ressembler est donc absurde. Contre-nature.

Pourtant, il est tentant d'adopter certains de leurs comportements, juste pour voir ce que ça donne.

Surtout dans le domaine du sexe.
Peut-on transposer le libertinage masculin sur un mode féminin?

Consommer sans modération, prendre puis laisser.
Satisfaire une pulsion, un caprice, un désir.
Sans complexe ni contraintes d'aucune sorte.

De la même façon que l'on boit un thé avec un délicieux macaron... quand l'envie nous prend.


Mais nous ne sommes pas des hommes.
Et le sexe sans lendemain, n'est pas vraiment au programme du cortex féminin.

Les endorphines brouillent notre raison, les émotions s'en mêlent immanquablement.
Confusion des sentiments.
Tout le drame est là...


...Il doit falloir multiplier les sources de plaisir afin de réaliser l'imposture hormonale dont nous sommes dupes au détriment de notre liberté!

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 19:37

Ouvre la lucarne 
Quelques minutes
C'est tout
Allume-la
Le monde au seuil de ton monde
Je suis juste là

Dans ton salon 
A 20H00 
J'existe
 
Regarde-moi 
Mourant  
Disloqué
affamé
écorché
Quelques minutes

Tu peux maintenant reprendre le cours
des choses
Ton régime
Tes factures
Tes crédits
Ton roman
-Science-fiction
Tes voyages
Ton yoga
Ta dépression

Tranquillement

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 15:42
L'homme est extraordinaire. 
Les moralistes proclamaient l'amour-propre comme l'ennemi intrinsèque de l'humain. 
Le problème, c'est que pour s'en détacher il n'y a pas vraiment de méthode. 
C'est une lutte de chaque instant, une surveillance assidue afin de mater cet orgueil sournois qui nous leurre sans cesse sur nos intentions. 
Ainsi, je m'interroge. 
Qu'est-ce qui peut motiver un homme qui ne vous aime pas ou plus à vous relancer, si ce n'est la satisfaction de son ego? 

1) "Si elle répond, si elle cède, si elle pleure, si elle s'énerve, c'est qu'elle tient à moi! 
Ahhhh, jubilation du moi glorifié par l'attention de l'autre. 
Non, je m'en fous, elles sont interchangeables, mais elles sont soumises à mon charme/intelligence/aura/désir ; je collectionne les filles comme d'autres les papillons.
Je refuse l'engagement du coeur mais honore le culte du corps, de mon corps. 
Je ne crois pas aux sentiments qui corrompent l'esprit. 
Je ne crois en rien. "

2) "La savoir aimante, disponible est très flatteur. Surtout qu'elle n'est pas trop vilaine, pas trop sotte et pas désagréable! Pouvoir se raccrocher à cette branche souple et docile lorsque ma vie comme mon lit sont vides est rassurant.
Si elle souffre? si je ruine chacune de ses tentatives pour s'éloigner de moi et reprendre son envol? Elle est assez grande pour se débrouiller! Je ne lui impose rien, elle est libre!"

3) "Bon j'ai rompu avec elle sur la base d'arguments fallacieux, l'ai traînée dans la boue autant que j'ai pu afin de justifier ma muflerie, trahi notre amitié, et refuse sa main tendue, mais je m'autorise quelques incursions régulières dans ses chroniques pas si ordinaires que ça afin de pouvoir nourrir ma critique assassine de sa vie dissolue de femme libre, et découvre avec stupéfaction  qu'elle ne parle que très peu de moi! C'est incompréhensible!" 


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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 13:43
Le plus bel ange, curieux d'une égalité divine, fut chassé du Paradis à coup de lance-flamme, sous prétexte que vouloir trop en savoir était péché d'orgueil.
Foulé au pieds par la divinité suprême, il rejoignit les entrailles de la Terre, planète purgatoire ayant récupéré ces deux imbéciles trop curieux du goût du fruit de la connaissance.

Savoir est un péché. Une trahison, passible de la sanction la plus terrible: le désavouement du Créateur.
Heureux les simples d'esprit qui ne cherchent pas à comprendre le mystère de l'existence et qui se contente d'être, dans les préceptes sanctifiés, des agneaux de Dieu.
... Moutons de Panurge?

La lumière de la connaissance n'est-elle pas censée apporter la paix des esprits et donc des coeurs?

Quel danger à ce que nous soyons conscients?

Le savoir a toujours été l'apanage du pouvoir. Pour le conserver, il ne fallait surtout pas distribuer la connaissance pour maintenir le peuple dans une soumission entière et sans faille.

Aujourd'hui que nous avons compris combien le religieux servait le politique et inversement lors de ces grandes périodes d'obscurantisme, nous trouvons ridicules les comportements de nos ancêtres et nous enorgueillissons d'avoir avancer dans notre connaissance du monde grâce aux sciences.

On ne se soumet plus aux chimères de nos jours! Plus de superstitions, ni de croyances absurdes et sans fondements!

Aujourd'hui les sciences nous ont appris que nous étions tous frères, partageant un frèle vaisseau qui gravite sur des mers infinies, que si Dieu n'existe peut être pas, l'âme humaine pèse sans doute 21 grammes et qu'ainsi, non, nous ne pouvons pas faire n'importe quoi, car nous sommes responsables de nos actes.
Les enfants sont élevés dans le respect de la personne humaine et délivrés de tous les carcans absurdes que traînait l'humanité depuis toujours, faute de savoir!
Nous avançons vers un monde meilleur, grâce aux connaissances acquises, au savoir libéré.
Plus de guerres de religion, ni trafics humains, ni tourisme sexuel, ni maltraitance, ni discrimination, ni ségrégation, ni 4X4, ni manteaux de fourrures, ni dictature, ni mines anti-personnelle, ni pollution agravée, plus d'armes chimiques, plus de sida, plus de mépris, plus d'oubli, plus d'irresponsables, plus de coupables.

...

Nous délivrer des obscures croyances passées, nous a ouverts à la connaissance; mais cette connaissance nous a-t-elle délivrés du mal?

Lucifer se gratte le menton.
Orgueil de celui qui veut savoir et se retrouve dans l'enfer de l'exigeante curiosité.

Je vais peut être me noyer dans le consumérisme à outrance, ça a l'air de marcher pour certains...



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